
Une vidéo attribue à votre dirigeant des propos qu’il conteste. Avant même de savoir qui l’a créée, les collaborateurs demandent une explication et des clients commencent à la partager. La priorité consiste à vérifier ce qui circule, à coordonner la réponse et à éviter de donner davantage d’audience à un contenu trompeur.
La fiche de la CNIL consacrée aux hypertrucages, publiée en février 2026, rappelle que l’image ou la voix d’une personne peuvent être imitées pour tromper, nuire à sa réputation ou commettre une fraude. Une vidéo surprenante mérite une vérification ; son aspect inhabituel ne suffit toutefois pas à démontrer qu’elle est artificielle.
Vérifier par un autre canal
Contactez la personne concernée avec des coordonnées déjà connues. Retrouvez, si possible, l’enregistrement d’origine et son contexte : une séquence peut être fabriquée, mais aussi être authentique et simplement coupée ou mal légendée. Ne demandez pas à toute l’entreprise de télécharger puis de transférer la vidéo pour « vérifier » : vous multiplieriez inutilement sa circulation.
Face à une demande d’argent ou à une instruction inhabituelle, la CNIL recommande une confirmation par un autre moyen de communication. Cette règle doit rester valable même si le visage ou la voix semblent familiers. Une procédure de validation connue est plus utile qu’un pari sur la capacité de chacun à repérer un défaut visuel.
Organiser une réponse avec des rôles précis
Nous proposons de répartir le travail entre quatre fonctions, même dans une petite structure où une personne peut en assumer plusieurs :
- Vérification : distinguer les faits confirmés des hypothèses.
- Conservation : relever les adresses, les dates et les versions du contenu.
- Signalement : centraliser les démarches et leurs références.
- Communication : préparer un message commun pour les équipes et les interlocuteurs externes.
Prévoir ces rôles évite les réponses contradictoires : un collaborateur annonce une plainte, un autre affirme que le compte est piraté, tandis qu’un troisième parle de parodie. Aucun de ces éléments ne devrait être présenté comme établi sans confirmation.
Choisir l’ampleur de la communication
Un contenu très peu diffusé ne nécessite pas forcément un communiqué public qui le ferait découvrir à davantage de personnes. À l’inverse, si les clients vous interrogent déjà, le silence peut les laisser sans repère. Examinez les canaux touchés, les questions reçues et les personnes exposées pour décider où répondre.
Une première communication peut simplement annoncer une vérification en cours et rappeler le canal officiel. Si la falsification est confirmée, le démenti doit nommer précisément ce qui est faux et indiquer où trouver l’information authentique. Évitez de republier le montage en entier pour le dénoncer : un extrait isolé de votre propre démenti pourrait ensuite circuler sans son contexte.
Signaler et suivre les reprises
La CNIL recommande le signalement auprès des plateformes et, selon les faits, des démarches auprès des autorités compétentes. Conservez les preuves utiles à ces démarches. Une atteinte aux données personnelles et une infraction pénale relèvent de procédures distinctes : une plainte à la CNIL ne remplace pas une plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
Après la première réponse, surveillez les nouvelles adresses et les questions qui persistent. Un contenu retiré d’une plateforme peut rester présent ailleurs. Une veille structurée aide à suivre cette dispersion. Notre accompagnement en e-réputation des dirigeants permet de replacer l’incident dans l’ensemble de leur présence publique.
Source vérifiée le 13 octobre 2026. Les rôles et exemples de communication proposés ici sont des repères d’organisation, à adapter à chaque incident.


